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Association de Généalogie des Hautes-Alpes

Une implantation française au sud du Brésil au XIX° siècle (2)
Article mis en ligne le 1er janvier 2018
dernière modification le 8 janvier 2018

par AGHA.
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 2- La Colonisation française

L’immigration française a eu une grande importance dans la région du district de Pelotas par sa contribution inestimable au développement de la ville.
Dans la zone rurale de Pelotas, cette contribution s’est faite par ses plantations de vigne et sa production de vins. Dans la zone urbaine, par l’implication des Français, principalement dans le commerce, et par l’éducation et la culture françaises qui sont toujours un grand atout pour la ville.
Quelques voyageurs français sont passés à Pelotas : Auguste de Saint-Hilaire (1820), Arsène Isabelle (1834) et du Comte d’Eu (1865) qui ont fait part de leurs observations, ainsi que quelques professionnels comme l’ingénieur Grégoire Howyan, auteur d’un projet d’assainissement pour Pelotas, ou les architectes Dominique Pineau et Dominique Villard, responsables de la construction du bâtiment de l’École d’Agronomie Eliseu Maciel.

Saint-Hilaire, qui a visité Pelotas en septembre 1820, a parlé de ces deux Français qui habitaient la ville : l’un chirurgien et l’autre professeur, peut-être les premiers Français sur le sol « pelotense ». Avec la visite du Prince Louis-Philippe-Gaston d’Orléans, Comte d’Eu, lié à la Maison Impériale Brésilienne par son mariage avec la Princesse Isabel Cristina de Bragança, l’idée est née pour la première fois d’implanter dans la région de Pelotas une colonie de Français, ce qui se fera effectivement par une initiative privée en 1880.

 Zone Urbaine

Le premier grand groupe de Français s’est installé en ville. Ils étaient presque tous Basques, venus entre 1820 et 1850. Ils étaient professeurs, commerçants, propriétaires d’hôtels, modistes, musiciens, artistes, fabricants de charrettes et photographes. Dans ce groupe, certains ont créé le premier temple des Francs-maçons à Pelotas.

D’autres sont venus dans le cadre d’une immigration spontanée : parmi eux, Léopold Jouclá, Français qui fut l’un des fondateurs du Club Commercial Pelotense et a été durant de nombreuses années l’agent consulaire français ; Ambroise Perret qui a créé une pépinière de plantes et d’arbres qui se sont vendus dans plusieurs régions du Rio Grande do Sul et dans tout le Brésil ; Alexandre Gastaud qui a installé l’énergie électrique dans l’Hôpital de la Sainte Maison de Piété de Pelotas ; le dentiste Amadeu Gastal, qui a apporté des innovations dans la fabrication des compotes de pêche, une activité économique importante du district municipal. M. Gastal a aussi fait la première expérience avec des rayons X dans le Rio Grande do Sul. Nous pouvons mentionner encore le nom des premiers photographes à Pelotas : Baptiste Lhullier et Charles Serres.

Les familles riches de Pelotas ont fait venir des professeurs de France pour instruire leurs enfants : Charles Bachelléry, qui a fondé l’une des écoles les plus célèbres de Pelotas et du Rio Grande do Sul où l’on faisait même des exercices de tir ; Alfonse Emile Massot et Louis Charles Massot, qui ont fondé l’École Évolution fermée en 1893 du fait de la guerre civile dans le Rio Grande do Sul ; Aristide Guidony qui a fondé l’École appelée Le Français avec des classes d’escrime, de gymnastique et de danse ; Madame Berta Jeaneret avec son école de filles et Charles André Laquintinie, parmi d’autres, qui ont fondé des cours privés, apprenant les lettres, la grammaire, l’arithmétique, la géographie, l’histoire, les mathématiques, le latin, le français, les arts, la broderie, le crochet, le piano, la peinture, les bonnes manières et la calligraphie. Cet apport de professeurs français montre que la culture française était bien acceptée parmi les familles pelotenses de cette époque.

 Zone Rurale

Le second grand groupe est celui qui est venu d’une autre communauté du Brésil. Tous les paysans qui sont arrivés au Rio Grande do Sul dans les années 1870 se sont tout d’abord établis dans la Colonie Saint Félicien, à mi-chemin entre Porto Alegre et Pelotas. Cette communauté était perdue dans la forêt, loin des villes. On n’y arrivait que par bateau quand les rivières étaient suffisamment en eau. Mais les conditions de vie étaient trop difficiles et ils ne parvenaient pas à survivre. Le groupe a donc cherché d’autres terres et s’est dirigé vers la ville de Pelotas.
Les Français ont trouvé un riche commerçant brésilien qui les a aidés et leur a vendu des terres pour qu’ils les cultivent. Ainsi les Français ont pu prospérer à Pelotas.

Notre district municipal abrite l’unique communauté agricole française existant aujourd’hui au Rio Grande do Sul : la Colonie de Saint Antoine, dans le district du Quilombo, un exemple important de cette colonisation dans l’État et pour l’histoire de l’immigration.

Les familles françaises ont créé quatre noyaux communautaires dans le Rio Grande do Sul, mais seul celui de Saint Antoine a trouvé les conditions lui permettant de se maintenir économiquement avec sa spécificité.

Les autres noyaux français, ne trouvant pas d’aide de la part du gouvernement brésilien, ont eu à lutter seuls pour survivre et ont fini par se fondre dans des groupes plus nombreux, italiens et allemands qui ont dominé l’immigration dans le Rio Grande do Sul.

En 1877, un malentendu administratif entre le gouvernement de l’État du Rio Grande do Sul et le Gouvernement Général de l’Empire du Brésil marque la fin de la Colonie de São Feliciano. Les Français commencent à abandonner São Feliciano, cette communauté isolée dans la forêt, en stagnation complète, sans foyer commercial, sans moulin ni forge. Les colons y vivaient dans des cabanes de paille, et les sentiers étaient si étroits qu’un cheval y passait difficilement. Il n’y avait ni pâturages ni vaches.

Ces Français du quatrième groupe ont fondé une communauté d’initiative privée, sans le support du gouvernement brésilien, dans le district municipal de Pelotas. Ils ont travaillé essentiellement la vigne, puis se sont consacrés à la culture de la pêche et sa confiserie, ce qui a grandement contribué au développement de l’économie pelotense. Les fabriques fondées par des Français sont à l’origine des industries alimentaires de Pelotas et elles ont assuré la renommée de Pelotas au Brésil en tant que ville des sucreries, de la confiture, et capitale de la production des pêches.

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