Vocabulaire

Lors de la lecture, dans les registres paroissiaux, des actes de naissance, mariage et décès, vous allez sûrement buter sur des termes et des notions qui vous sont inconnus.

MARIAGE

L’âge du mariage.

À partir du Concile de Trente (1545-1563), le Droit Canon applique l’âge suivant : garçons : 14 ans ; filles : 12 ans. Ne soyez donc pas surpris par ces âges, vous les avez bien lus !
Une fille de 12 ans peut bien devenir l’épouse d’un homme de 30 ans.
Une douzaine d’années peut séparer un garçon de 14 ans et sa future épouse.
Mariages de raison ? Sauver des patrimoines ?
Le pouvoir royal édicte 15 et 13 ans. La Révolution conserve ces âges, mais, en 1791, le mariage devient un contrat purement civil.
1803 : code Napoléon. 18 ans pour les hommes ; 15 ans pour les filles.
Vous rencontrerez certainement, dans les registres paroissiaux, des dispenses pour « défaut d’âge ». L’époux n’a pas encore fêté son quatorzième anniversaire ; ou l’épouse son douzième.
Le Concile de Trente exigera le consentement parental. L’homme était majeur à 30 ans ; la femme à 25. Ces chiffres nous offrent une fourchette d’âges : il faudra chercher la naissance d’un homme mineur entre 14 et 30 ans, d’une femme mineure entre 12 et 25.

Les dispenses.

Parmi les dispenses, il en est de plusieurs sortes.
La dispense d’un ban, ou de deux, (sur trois), permettait d’avancer la date du mariage.
Le ban est l’annonce officielle du futur mariage ; cette annonce passa de l’église à la mairie.
La dispense de consanguinité est nécessaire quand les deux époux sont issus du même sang.
Les mariages entre cousins étaient courants. Sauvegarde d’un patrimoines (terre, surtout) ou, maintenance d’un rang social. L’Officialité, tribunal de l’Église, moyennant l’acquit d’une taxe et une aumône volontaire qui variait selon la fortune, accordait alors une dispense de consanguinité aux futurs époux.
Le degré de parenté est le nombre de degrés qui sépare le parent le plus éloigné de l’ancêtre commun.

degre

En fonction de l’ancêtre commun, on distinguera parenté paternelle et parenté maternelle.
La parenté peut provenir des deux.
Sont dits utérins un frère et une sœur issus d’une même mère, mais de pères différents.
La dispense d’affinité peut être par alliance (beau-frère, belle-sœur) ou par parenté spirituelle (parrain, marraine). Jean Borel, veuf, veut épouser Madeleine Martin. Aucune consanguinité, mais il se trouve que la future épouse est la marraine de Baptiste, un des enfants de Jean Borel : degré d’affinité spirituelle. Une dispense est exigée.
Dispenses de temps prohibé : on ne pouvait contracter mariage durant les cycles de Noël et de Pâques. L’avent : les quatre semaines qui précèdent la fête du 25 décembre. Début vers la fin novembre. Le carême (du latin quaranta) s’ouvre le mercredi des Cendres et dure quarante jours. Les dates varient en fonction du dimanche de Pâques. Des calendriers permettent aujourd’hui de situer avec précision les Pâques du passé. Temps de jeûne et de pénitence. Début fin février-début mars.
Parmi les curiosités, on trouve aussi des dispenses de l’heure (pour éviter les charivaris ?), certaines persillées de latin : « autorisation d’épouser extra missam qualunque hora et qualunque capella ».

La réhabilitation.

Il arrivait que des époux aient été unis sans qu’ils aient demandé de dispense, certains ignorant leur parenté ou leur affinité, d’autres la taisant dans le but d’éviter des frais supplémentaires. Dénonciations ? Traque de certains curés cherchant à améliorer leur portion congrue ? Certes, le mariage est valide, mais illicite. Le couple vit en péché mortel. Amendes. Réhabilitation du mariage : une seconde célébration a lieu après l’obtention des dispenses exigées… et accordées.

NAISSANCE

Le baptême se fait impérativement dans les trois jours qui suivent la naissance. Cette hâte s’explique par la crainte qu’avaient les parents de voir décéder leur enfant sans avoir reçu le sacrement. Le baptême avait lieu à l’église de la paroisse, en présence du père. L’absence du père est généralement consignée. On peut imaginer les dangers que courait un nouveau-né âgé de trois jours à peine, transporté, en plein hiver, dans le froid et la tourmente, du lointain hameau où il avait vu le jour, jusqu’à l’église glaciale, ouverte aux quatre vents, au sol de terre battue.
En cas de danger de mort imminent du nouveau-né, on pratiquait l’ondoiement : la crainte était que l’âme de l’enfant non baptisé, ni élu, ni damné, « confié à la miséricorde de Dieu », ne s’égarât dans les limbes, espace mythique, mal défini, au-delà du bien et du mal. Le concept des limbes, que l’on doit à saint Augustin, vient d’être aboli par le Vatican : 20 avril 2007.
Toute personne, homme ou femme, père ou mère s’il ne s’en trouve pour le faire, peut baptiser l’enfant : « verser de l’eau naturelle, telle que Dieu l’envoie, chaude ou froide, sur la tête de l’enfant, de manière que l’eau touche immédiatement la peau et, en même temps qu’on verse l’eau, il faut prononcer… » les paroles sacramentelles.
Sauver l’enfant… souvent avant la mère : « Si tu es vivant, je te baptise… »

SÉPULTURES

De la naissance à la mort, les grands moments de la vie sont ponctués par un rite particulier.
L’extrême onction est généralement administrée aux mourants. Toute impossibilité est consignée par le prêtre : mort subite, accident, maladie (gorge enflée), demeurés…
La cérémonie des funérailles marque, en fait, l’achèvement d’une existence.
Presque toujours, le cimetière de la paroisse jouxtait l’église.
La mort aussi avait sa hiérarchie.
Ayez soin de noter le lieu de la sépulture : cimetière ou église ? Vous situerez ainsi vos ancêtres dans la société de leur temps.
L’inhumation ad sanctos, près des saints, perdura jusqu’en 1776. Les fidèles pensaient que plus leur dépouille serait près des reliques du saint, mieux leur âme serait protégée. Il va de soi que plus la tombe était près de l’autel, plus la place était chère ! Réservée, à l’origine au clergé, l’inhumation dans les églises fut accordée aux nobles, puis aux paroissiens bienfaiteurs qui obtinrent des tombes familiales. Autre signe de richesse.

Vous rencontrerez aussi :

  • Agnatique : une généalogie agnatique ne traite que des hommes. La ligne extérieure 2,4,8,16,32, etc. est la ligne agnatique : on n’y rencontre que des hommes. Agnat [ag-na].
  • Aïeul : grand-père. Le bisaïeul est le père du grand-père ; le trisaïeul est le grand-père du grand-père. Il en va de même au féminin : l’aïeule.
    Le pluriel est aïeuls, aïeules. Les aïeux sont les ancêtres.
  • Aîné, cadet, benjamin, puîné :
    Aîné : né le premier par rapport à ses frères et sœurs. Aînée.
    Cadet : né le second. Cadette.
    Benjamin : dernier né. Benjamine.
    Puîné : né après un de ses frères ou de ses sœurs. Puînée.
  • Cognation : parenté par les hommes et les femmes, indifféremment. Droit canon : parenté naturelle. La parenté civile est l’agnation. Cognat [kog-na].
  • Curateur : personne chargée d’assister un mineur ou une mineure, ou un aliéné.
  • Fabrique : Les fabriciens qui se recrutaient parmi les notables de la paroisse devaient des comptes aux évêques ou archevêques concernés. Ils géraient les biens et les revenus destinés aux frais de culte et à l’entretien de l’église, biens temporels de la paroisse.
    Le marguillier est, à l’origine l’homme, souvent pauvre, employé comme serviteur pour l’entretien de l’église. C’est un laïc qui fait souvent fonction de sonneur de cloche et de sacristain dont la tâche est de s’occuper de tous les objets sacrés de l’église. Le bedeau veille au bon déroulement de l’office. Il précède le clergé pendant les cérémonies, il ouvre le passage aux quêteurs, il maintient l’ordre.
  • Germains : frères et sœurs issus des mêmes père et mère.
    Consanguins : issus du même père mais non de la même mère.
    Utérins : issus de la même mère mais non du même père.
    Les personnes ayant au moins un grand-père ou une grand-mère communs sont cousins germains. Cousine germaine.
    Les enfants de cousins germains sont cousins issus de germains.
  • Hoirie : héritage ; avance sur un héritage à venir ; hoir : héritier direct. (L’hoirie ; l’hoir)
  • Insinuation : Inscription d’un acte privé sur un registre public, afin de légaliser l’acte.
    • donations, legs
    • contrats de mariage
    • testaments, etc.
  • Intestat : défunt qui n’a pas fait de testament.
  • Obituaire : registre contenant la liste des défunts pour l’anniversaire desquels on doit prier ou célébrer un obit. L’obit est un service religieux célébré par fondation pour un défunt à la date anniversaire de sa mort.
  • Vicaire : prêtre suppléant ou aidant le curé dans l’exercice de son ministère. Il est choisi par le prêtre de la paroisse. Approbation de l’évêque.

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Pardonnez-nous de nous répéter :
• notez tout ! ne négligez pas ces mentions, toutes secondaires qu’elles peuvent paraître.
Une dispense mérite son petit schéma !
Un acte de mariage est suivi de signatures. Recueillez-les. Faites-en des photocopies. Collectionnez-les. Le père sait signer. Les fils aussi ? Le grand-père savait-il signer ?
La profession classe les membres d’une société.
La place dans l’église ou le cimetière aussi.
Une fondation est signe de richesse.
L’ensemble de ces indications qui peuvent sembler au profane inutiles situeront, dans la société d’alors, la place qu’occupaient vos ancêtres. Votre généalogie achevée, en suivant le cours du temps, vous noterez les évolutions. C’est un travail de longue haleine : il en vaut la peine. Ne vous découragez pas ! Persévérez ! Un grand changement s’opérera en vous !
• si vous le pouvez, complétez votre étude par une visite aux Archives départementales. Contrats de mariage et testaments affineront vos recherches. Des tables informatisées, déposées par notre Association, vous permettront de gagner du temps. Référence du registre et même folio vous conduiront rapidement à l’acte que vous cherchez. Préparez votre visite. Sachez exactement ce que vous allez chercher.
• nous disposons aujourd’hui d’une myriade de sources (livres, revues, Internet…) pour parfaire et consolider notre étude. Faisons de notre arbre un arbre de vie !

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